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Le microscope électronique en transmission est un outil
utilisé en Physique ainsi qu’en Biologie. Dans le
cas des activités centrés sur la physique et la
science des matériaux en particulier, différentes
techniques peuvent être mises en œuvres. Les études
peuvent être structurale, chimique, magnétique, électrique,
etc … Afin de bien cerner l’utilité de la microscopie
électronique en transmission dans les recherches relevant
de la science des matériaux, nous allons énumérer,
de manière non exhaustive, les divers applications qu’un
utilisateur patient peut espérer obtenir d’une machine
aussi extraordinaire. |
Caractérisation structurale |
La caractérisation structurale, au sens large, du terme
contient l’étude de la morphologie des échantillons
(tailles des grains, des précipités, couches épitaxiées
ou autres … ), des défauts cristallins (1D,2D), des
symétries cristallines (groupe ponctuel, d’espace),
des déformations (intrinsèques, extrinsèques),
des amorphes ou polymères, etc … La suite présente
ces divers points énumérés avec des images
obtenues au CEMES dans le cas de cristaux :
Les principales techniques que l’on retrouve dans ce type
de caractérisation sont le CTEM (MET conventionnelle :
champ clair, champ sombre, faisceau faible et diffraction en faisceau
parallèle), CBED (diffraction en faisceau convergent),
LACBED (CBED aux grands angles), HREM (microscopie électronique
à haute résolution), CHEF (CBED Holographie Energie
Filtrée : Holographie en mode diffraction) et l’In
Situ associé à l’observation CTEM lorsqu’une
perturbation physique (T°C, contrainte, etc …) est appliquée
aux matériaux.
L’étude de polymères est à séparer
des autres types de matériaux en raison de leur sensibilité
aux électrons, parfois trop importante pour pouvoir réaliser
des observations au microscope. Dans ce cas, des observations
dites « Low dose » peuvent être mises en œuvres
sur des zones que l’on considèrera sacrifiées
pour la suite des expériences. Ces observations restent
très difficiles à réaliser en raison du manque
de « lumière » inévitable lorsque l’on
travaille en Low Dose.
Dernièrement le correcteur d’aberration sphérique
présent sur le TECNAI F20 du CEMES nous a permis de réaliser
des clichés de diffraction de polymères en utilisant
une configuration d’illumination convergente défocalisée
(type LACBED) appelée LACDIF. Dans ce cas des clichés
de très bonnes qualités sont obtenues sans altérer
les polymères :
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Caractérisation chimique
et optique |
La caractérisation chimique fait référence
à la détection, puis la localisation et enfin la
quantification des éléments chimiques d’un
matériau. Des études au MET permettent aussi de
remonter à des informations optiques tels que l’indice
optique reliés aux propriétés diélectriques
du matériau. La suite présente ces divers points
énumérés avec des images obtenues au CEMES
:
On retrouve dans cette présentation, des techniques essentiellement
liées au signal électronique inélastique
récupérés après la traversé
de l’objet. En effet, l’EELS (Electron Energy Loss
Spectroscopy) associés à ces différents modes
d’utilisation, Low Loss (pertes faibles) et ELNES (pertes
lointaines proches des transitions de cœur), contient toutes
les informations nécessaires. Son utilisation en mode imagerie
(EFTEM : Energy Filtered TEM) permet d’autres part, une
visualisation et une quantification relative des divers éléments
dans le matériau.
Le CBED associé à des simulations précises
de théorie dynamique, offre aussi la possibilité
de cartographier la densité de charge électronique
autour des atomes, permettant ainsi (dans le meilleur des cas
!) une cartographie des orbitales (Bonding).
Enfin, l’étude du potentiel interne par Holographie
électronique, ou par AC-HREM (Aberration Corrected HREM),
peut parfois permettre de cartographier et de quantifier la présence
de certains éléments chimiques. |
Caractérisation électrique |
Le MET permet de remonter aux propriétés piézoélectriques
et ferroélectriques des matériaux. On peut également
déterminer des informations sur le dopage électronique
de dispositifs en microélectronique, ainsi que l’orientation
absolue de cristaux non-centrosymétriques grâce à
l’étude de la polarité. Enfin les propriétés
diélectriques (intimement liés à l’optique
évoquée précédemment) peuvent être
étudiées grâce au MET :
L’holographie est énormément utilisée
pour ce type de caractérisation en raison de la grande
sensibilité de la phase électronique au potentiel
interne des matériaux. Le CBED, toujours associé
à des effets dynamiques importants, permet de remonter
à la polarité des cristaux acentriques (si la différence
de numéro atomique entre les deux éléments
n’est pas trop importante) alors que l’EELS en pertes
faibles (plasmons) permet d’étudier les propriétés
diélectriques grâce aux règles de Krämers-Krönigs. |
Caractérisation magnétique |
Enfin, la MET est aussi très utilisée dans le
domaine du magnétisme où son application se retrouve
dans l’étude statique et dynamique des domaines magnétiques,
ainsi que dans la détermination chimiquement sélective
des moments magnétiques orbitaux et de spin à l’échelle
atomique :
Dans ce dernier cas, l’holographie électronique
en mode Lorentz (sans présence d’un champ, provenant
des lentilles électromagnétiques, sur l’objet)
est beaucoup utilisée puisque la phase électronique
est aussi sensible à la circulation de composante perpendiculaire
au faisceau du champ magnétique. La microscopie de Lorentz,
utilisé dans ces modes Fresnel et Foucault (DPC), est aussi
extrêmement utile pour retrouver la structure magnétique
des objets et en particulier en dynamique.
Dernièrement, l’observation du signal inélastique
répartis dans le plan de diffraction a permis de remonter
au signal EMCD (Energy Loss Magnetic Chiral Dichroism) équivalent
à celui obtenu en XMCD. On peut ainsi obtenir les moments
magnétiques orbitaux et de spins d’éléments
3d avec une résolution spatiale subnanométrique.
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