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  Centre d'Elaboration de Matériaux et d'Etudes Structurales
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Céramiques anciennes : étude des couches décoratives

Décors à reflet métallique (ou lustres)
de céramique médiévale

Parmi les décors de céramiques anciennes, le décor dit de lustre ou à reflet métallique est certainement le plus singulier avec sa propriété de changer de couleur en fonction de la direction d’éclairage. Cette propriété est due à la nature de ces décors constitués de nanoparticules métalliques, de cuivre et/ou d’argent, dispersées dans les premières couches de la glaçure.

Les premiers lustres ont été produits en Mésopotamie (IX-Xe siècle). La technique s’est ensuite diffusée dans le bassin méditerranéen avec l’expansion islamique, jusqu’en Espagne. Les productions espagnoles débutent au XIIe siècle en Andalousie (Malaga) puis dans la région de Valence (XIII-XVIIe). La technique se répand aussi en Italie, à la Renaissance, avec les productions de Deruta et Gubbio (XV-XVIe).

Etudes réalisées au CEMES
Elles consistent à caractériser les nanoparticules et la glaçure environnante par microscopie électronique en transmission (MET). Les décors de différentes époques et de diverses zones géographiques sont actuellement étudiés en collaboration avec des laboratoires d’archéométrie et du patrimoine dont la liste est donnée ci-dessous. Les investigations réalisées au CEMES portent sur la nature, la taille, la forme et la distribution des nanoparticules. La structure des nanoparticules est, dans certains cas, examinée en haute résolution afin d’en caractériser les défauts (Fig. 1), souvent porteurs d’information sur le processus d’élaboration. Les analyses chimiques locales, avec détermination dans certains cas des degrés d’oxydation, sont effectuées par spectroscopie de perte d’énergie des électrons (EELS).
La microscopie électronique en transmission nécessite une très faible quantité de matière, mais demande une préparation particulière des échantillons qui peut entraîner une destruction d’une fraction importante de l’objet. Les préparations par FIB (Focused Ion Beam) qui permettent à la fois de localiser précisément le prélèvement et d’en limiter le volume à quelques centaines de micromètres cube, sont actuellement développées (Fig. 2).



Figure 1 : Lustre égyptien du XI°s (Coll. Philippe Colomban, LADIR). Détail de la structure d’une particule du décor montrant les fautes d’empilements (Tecnai CEMES).





Figure 2 : Lame mince découpée par FIB pour la microscopie électronique en transmission.

 

Collaborations

• Dans le cadre du projet de la Communauté de Travail des Pyrénées « Les vernis fins décoratifs de céramiques antiques et médiévales (n° 03007514) » :
       o Centre de Recherche en Physique Appliquée à l’Archéologie (Université Bordeaux 3)
       o Group PATRIMONI-UB Recerca Aplicada, Universitat de Barcelona (Espagne)
       o Dpto. Química Analítica, Facultad de Ciencias, Universidad de Zaragoza (Espagne)

Centre de Recherche et de Restauration des Musées de France (Le Louvre, Paris)

Laboratoire de Dynamique, Interactions et Réactivité (LADIR, UMR 7075 CNRS)

• Dipartimento di Chimica, Università di Perugia (Italie)

 

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