La possibilité de réaliser un microscope avec
des électrons, c’est à dire de produire des
images agrandies d’objets, résulte de plusieurs propriétés
:
la nature ondulatoire des électrons. Un faisceau d’électrons
équivaut au rayonnement de longueur d’onde l=h/mv
où m et v sont respectivement la masse et la vitesse de
l’électron, fonctions de la tension d’accélération
V. Par exemple, pour une tension V=300kV, l=0.00197nm.
l’existence de lentilles adaptées à ce type
de rayonnement. Il est possible de focaliser un faisceau parallèle
d’électrons monocinétiques à l’aide
de lentilles magnétiques
l’existence de sources à électrons (canons
thermoélectroniques à filaments de tungstène
ou LaB6 - canons à émission de champ)
Comparé à d’autres sources de rayonnement,
le faisceau électronique offre avant tout l’avantage
d’un pouvoir de résolution élevé du
fait de ses faibles longueurs d’ondes. En effet, la limitation
du pouvoir de résolution par des phénomènes
de diffraction dans un instrument d’optique augmente avec
la longueur d’onde du rayonnement utilisé. Si le
critère de Rayleigh est appliqué, les images de
deux points distincts de l’objet ne sont « séparables
» que si la distance entre ces points est au moins égale
à R=0.61l/a où l est la longueur d’onde du
rayonnement utilisé et a l’ouverture angulaire effective
de la lentille objectif. Le pouvoir de résolution est donc
accru par l’utilisation de très faibles longueurs
d’ondes. En contrepartie l’ouverture effective de
l’objectif est principalement limitée par l’aberration
sphérique Cs. Cette aberration crée un disque de
confusion de rayon minimum Rs=Csl3.
Deux aspects importants sont à prendre en compte. D'une
part l'interaction entre les électrons et la matière
est forte. Si on la compare à celle des autres rayonnement
utilisés pour des études de diffraction, c'est à
dire les rayons X et les neutrons, cette interaction peut être
considérée comme très forte : en effet les
volumes d'interaction typiques pour les neutrons thermiques se
situent autour de quelques cm3, les épaisseurs d'interaction
pour la diffraction X sont de l'ordre des dizaines de microns.
Pour des électrons d'énergie moyenne (200keV) l'épaisseur
des échantillons ne doit pas dépasser environ 100nm,
il est donc nécessaire de passer par une étape de
préparation des échantillons qui vise à les
amincir pour l’observation TEM/STEM. D'autre part, cette
interaction Electron matière est complexe et nécessite
une théorie adaptée pour la simulation des images
obtenues en microscopie. C’est le domaine de la théorie
dynamique. La théorie de la diffraction prend en compte
les électrons ayant eu une interaction élastique
(sans perte d’énergie). Cependant d'autres interactions
sont à considérer : les interactions inélastiques,
conduisant à des pertes d'énergie des électrons
transmis (de quelques eV à quelques keV - c'est le domaine
de la spectroscopie de pertes d'énergie d'électrons,
des cartographies et des images filtrées en énergie),
des transfert d'énergie produisant des électrons
secondaires, des électrons Auger, des phénomènes
de désexcitation produisant des photons X (c'est le domaine
de la microanalyse X). On peut également citer d'autres
signaux provenant de cette interaction comme les électrons
rétrodiffusés, la cathodoluminescence, le courant
induit dans l'échantillon, etc. … :

Enfin, le développement des microscopes électroniques
est le fait d'interactions multiples entre les besoins des utilisateurs,
la théorie de la diffraction des électrons, les
progrès scientifiques et technologiques dans de nombreux
domaines : optique électronique, détecteurs, informatique
et électronique, vide, micromécanique, usinage de
précision , etc… |
| Une multitude de techniques peuvent être mises en œuvre
grâce à un MET, permettant la caractérisation
de propriétés physiques, chimiques, etc …
d’échantillons. Une des principales difficultés
peut provenir de ce choix très large entraînant parfois
une certaine confusion auquel s’ajoute celles provenant
des multiples sigles associés (CTEM, HREM, LACBED, EELS,
ELNES, EH, EFTEM, CHEF, etc …). On peut aisément
séparer l’état du microscope en suivant le
découpage suivant :
L’expérimentateur peut ainsi choisir ces conditions
de travail au regard de l’information qu’il recherche.
Par exemple, si le but de la manip est de regarder la concentration
d’un élément chimique à une échelle
nanométrique, l’utilisateur préfèrera
une sonde convergente, puis récupèrera le signal
inélastique en utilisant la propriété de
dispersion énergétique de l’élément
d’optique adéquat. L’énergie voulue
pourra ainsi être sélectionnée grâce
à une fente et le signal pourra par la suite être
capturé par une caméra.
Cette répartition des différentes états
du microscope offre l’avantage d’une vision claire
des liens fondamentaux qu’il existe entre les différentes
techniques :
|
CTEM (Conventionnal TEM) |
CBED |
STEM |
EELS |
Holographie conventionnelle |
Sonde |
Parallèle |
Convergente |
Convergente |
Parallèle ou convergente |
Elliptique |
Echantillon |
Elastique |
Elastique |
Elastique |
Inélastique |
Elastique |
Lentilles |
Spatiale (image) |
Angulaire (diffraction) |
Angulaire (diffraction + balayage |
Energétique (prisme) |
Spatiale |
Eléments additionnels |
Diaphragme |
|
|
|
Biprisme |
Détecteur |
Simple (CTEM)
Continu (In Situ) |
Simple |
Multiple (BF-DF) |
Continu |
Simple |
On peut ainsi à notre guise utiliser voire créer
des techniques spécifiques au problème que l’on
se pose. La partie « pourquoi faire ? » de ce site vous
décrit les techniques principales utilisées en MET
en mettant l’accent sur leurs secteurs d’applications.
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