Les potiers ont produit, à différentes époques,
des céramiques d'excellente qualité. Certaines de
ces céramiques, comme les poteries grecques et romaines (attiques,
campaniennes, sigillées) à vernis grèsé
ou les poteries islamiques à lustre métallique, représentent
encore à l’heure actuelle un véritable défi
technologique dans le sens qu'elles ont nécessité
le développement de méthodes permettant l'élaboration
de couches décoratives de très faible épaisseur.
Les épaisseurs des engobes des plus beaux vases grecs et
romains ne sont que de quelques dizaines de microns. L'esthétique
des lustres métalliques est due à la très petite
taille (qq dizaines de nm) des nanoparticules de cuivre ou d'argent
implantées à quelques dizaines de nanomètres
de la surface. L'étude de ces couches est d'une importance
capitale dans la connaissance et la compréhension des technologies
anciennes.
L’objectif de ce travail est de comprendre comment s’est
développée d’un point de vue technique la production
de poteries sigillées dans le sud de la Gaule au début
du premier siècle de notre ère. Nous essayerons de
faire la part des choses entre le degré de technicité
atteint par les potiers gaulois à travers l’étude
de leurs imitations de sigillées et l’apport des potiers
italiens dont l’arrivée semble correspondre à
la production des véritables sigillées. Pour cela,
nous avons sélectionné 3 ateliers : i) la Graufesenque
(Millau, Aveyron) qui a produit de façon quasi industrielle
des millions de vases qui furent vendus dans tout l’Empire
Romain, ii) Montans (Tarn) de structure plus artisanale qui a produit
pendant près de deux siècles des vases vendus principalement
en Aquitaine, le long des côtes atlantiques du Portugal à
l’Angleterre iii) Bram (Aude) qui, dès la fin du Ier
siècle av. JC, produit et commercialise des imitations mais
n’est jamais arrivé à fabriquer de véritables
sigillées.
La qualité d’une sigillée provient essentiellement
de son engobe ou vernis grèsé (obtenu par vitrification
d’argile lavée). Nous nous intéresserons donc
plus précisément aux surfaces décoratives.
Une partie du travail consistera à adapter les techniques
de caractérisation utilisées dans le domaine des couches
minces à ces objets, notamment la diffraction des rayons
X et la microscopie électronique à transmission. Les
engobes ont une structure en grande partie vitreuse qui leur confère
leur aspect brillant et souvent la beauté des vases leur
est intégralement attribuée. Les cristaux présents
dans cette matrice vitreuse sont considérés comme
ayant peu d’influence sur les propriétés optiques.
Il se pourrait toutefois que la couleur rouge de ces poteries provienne
uniquement des cristaux d’hématite. Dans ce cas, leur
taille (sub-micronique) et leur composition (qq % Al) auraient une
influence non négligeable sur l’aspect esthétique.
La nature, la taille et la composition des cristaux sub-microniques
des engobes des sigillées et des imitations des trois ateliers
sélectionnés seront étudiées précisément
afin de déterminer leur influence et si elles pourraient
aussi être un marqueur de technicité. Nous chercherons
aussi à caractériser les défauts de ces cristaux
qui pourraient nous renseigner sur les conditions de cuisson.
Cette étude fait parti d’un projet de recherche soutenu
par la Communauté de Travail des Pyrénées.
Elle sera réalisée en collaboration avec l’Unité
Toulousaine d’Archéologie et d’Histoire de l’Université
Toulouse le Mirail et le Musée des Antiques de Toulouse (Musée
Saint-Raymond).
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Profil : DEA ("Archéomatériaux")
ou DESS
Durée du stage : janvier à juin 2004
Lieu du stage : Centre d’élaboration
de matériaux et d’études structurales (laboratoire
CNRS), Toulouse
Ce travail est susceptible de déboucher sur un sujet
de thèse
Responsable du stage :
Philippe SCIAU, Chargé de Recherche (CNRS)
CEMES/CNRS, BP 4347, 31055 Toulouse CEDEX 4
Tél : 05 62 25 78 50 Fax : 05 62 25 79
99 Mél : sciau@cemes.fr
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Année 2003-2004
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